13 juin 2020

Solidarité avec les salariés de Derichebourg

Le jeudi 11 juin, je me suis rendu à la rencontre des salariés au siège de l’entreprise Derichebourg Aeronautics Services qui est situé à Blagnac à côté de Toulouse. J’étais accompagné de la tête de liste d’Archipel Citoyen Antoine Maurice, du maire de l’Union Marc Péré et plusieurs candidats d’Archipel Citoyen comme François Piquemal, Hélène Magdo, Dominique Marechau, Corinne Martin ou Pierre Cohen. Derichebourg est un groupe international. Sa branche en charge des services aéronautiques travaille essentiellement en tant que sous-traitant du groupe Airbus, par exemple dans l’intégration des systèmes mécaniques et électriques ou les essais en vol. Elle fait partie de ce qu’on appelle les sous-traitants de rang 1, c’est à dire des entreprises qui sont en haut de la chaîne de sous-traitance.

Avec le ralentissement du secteur aérien du à la crise sanitaire, la filière aéronautique se retrouve confrontée à des difficultés économiques. L’entreprise Derichebourg est logiquement touchée par la baisse des cadences de production. Face à cette situation, attachés à leur outil de travail, les salariés ont déjà fait de lourds sacrifices. Ainsi, ils ont par exemple renoncé à leur prime de travail de nuit puisque les nouvelles cadences ont conduit à des horaires de travail se terminant désormais à minuit. Cela correspond à plusieurs centaines d’euros en moins chaque mois sur leur fiche de paie.

Mais le groupe veut aller plus loin. Il a ainsi annoncé il y’a quelques semaines un plan de licenciement de 600 personnes. Celui-ci a finalement été abandonné en échange de la mise en place d’un Accord de Performance Collective (APC). Ce dispositif a été introduit dans la loi par la réforme du code du travail au début du mandat d’Emmanuel Macron. Il permet à un employeur, s’il obtient l’accord du ou des syndicats majoritaires, de modifier les salaires, les horaires ou les conditions de travail de ses salariés. Un refus de ces modifications est un motif de licenciement. Depuis leur entrée en vigueur, on estime que plus de 200 APC ont déjà été mis en place en France.

Le chantage à l’emploi est ici extrêmement clair. En échange de l’abandon du plan de licenciement, les salariés verront leurs rémunérations réduite d’environ 200 euros chaque mois, sans pouvoir s’y opposer et sans aucune garantie sur la durée d’un tel plan et sur l’absence de suppression de postes dans les prochains mois.

Les salariés se sont organisés en un collectif qui regroupe plus de 400 d’entre eux. Les organisations syndicales minoritaires (UNSA et CFE-CGC) s’opposent à cet APC et soutiennent la mobilisation. Malheureusement, Force Ouvrière, syndicat majoritaire dans l’entreprise, s’est dit prêt à signer cet accord.

Nous avons échangé avec les salariés sur le site. Tous les présents nous ont dit leur colère face à l’empressement de la direction à mettre en place ce plan, sans attendre que les dispositifs de soutien annoncés nationalement soient détaillés. Tous nous ont dit aussi être prêts à des sacrifices si ceux-ci sont partagés dans toute l’entreprise. Mais tous nous ont aussi exprimé leur refus extrêmement clair de voir la crise utilisée pour s’en prendre à leurs conditions de travail.

Lorsque nous avons demandé aux salariés ce que nous pouvions faire pour les aider, ils nous ont demandé de solliciter un rendez-vous avec la direction. Profitant de la présence sur place du directeur, nous nous sommes rendus à sa rencontre en compagnie d’Antoine Maurice. Mais nous nous sommes heurtés à l’obstination et à l’entêtement d’un directeur qui veut aller vite et faire adopter cet APC dès ce vendredi.

Face à la contestation, et à une pétition réunissant plus de 400 salariés, nous lui avons demandé de ne pas décider à la hâte. Nous avons soutenu la démarche des salariés demandant une consultation de l’ensemble du personnel. Nous avons rappelé que l’entreprise a bénéficié du chômage partiel et qu’elle avait donc une responsabilité en terme d’emploi. Nous lui avons indiqué que des centaines de salariés ne pourront pas faire face à leurs charges quotidiennes en voyant leurs rémunérations emputées de plusieurs centaines d’euros et que c’est donc aussi une perte de savoir-faire qui s’annonce. Mais il a opposé un refus ferme et catégorique à nos arguments, comme il l’avait déjà fait aux représentants des salariés.

C’est pourquoi nous appelons à la mobilisation et à la solidarité. Car seule une forte mobilisation pourra faire céder la direction. Car, en tout état de cause, ce ne sont pas les salariés qui doivent payer le coût d’une crise dont ils ne sont pas responsables.

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