Ils nous enfument, on les démasque !

En début de semaine, nous avons pointé les incohérences d’un sondage BVA nous avons montré en quoi la réponse de BVA à ces remarques ne tenait pas la route. Aujourd’hui, c’est l’institut ELABE qui se livre à nouveau à un bel exercice d’enfumage.

ELABE réalise donc un sondage pour les élections européennes en fonction de la présence ou non d’une liste gilet jaune. Dans l’hypothèse où cette liste est présente, celle-ci perdrait 10 points. C’était donc bien une bulle médiatique, sans aucune réalité, fabriquée pour nuire aux forces d’opposition. Dans l’autre hypothèse, la France insoumise serait donc pointé à 8% et la liste d’Europe Ecologie les Verts réaliserait elle 10% des suffrages.

A première vue, on ne remarque pas ici d’incohérences sur les catégories socio-professionnelles. Ainsi, la France insoumise est respectivement annoncée à 11% chez les « artisans et commerçants », à 7% chez les « professions intermédiaires » et à 6% chez les « autres inactifs » (contre respectivement 0%, 1% et 0% pour le sondage BVA du début de la semaine ce qui vient accréditer une nouvelle fois la thèse de la supercherie). Par contre, la notice du sondage présente une matrice de correspondance entre les résultats de l’élection présidentielle et ceux des élections européennes. Cet outil permet d’identifier les transferts de vote entre 2017 et 2019. A partir de ce tableau, on peut recalculer le résultat global pour vérifier les résultats affichés. En le faisant, à partir de ceux ayant voté en 2017, on obtient un résultat de 9,7% pour la France insoumise (contre 8% affiché), un résultat de 5,5% pour EELV (contre 10% affiché) et un résultat de 3,4% pour le Parti Socialiste (contre 5% affiché).

Pour retomber sur ses pattes, l’institut ELABE fait intervenir des abstentionnistes du premier tour de 2017. Selon lui, 19% (donc une personne sur cinq) de ceux qui se sont abstenus en 2017 se piqueraient brusquement d’intérêt pour les élections européennes. On peut fortement douter de cette hypothèse quand on sait que l’abstention en 2017 était de 22,23% alors que l’abstention prévue ici est de 59%.

Surtout, ces abstentionnistes passionnés des élections européennes viendraient voter d’une manière très curieuse. Ainsi, 24% d’entre eux donneraient leurs voix à EELV, 15% à la République en Marche, 13% à la droite, 12% au Rassemblement national, 10% au Parti Socialiste et … 0% à la France insoumise. EELV et le PS réaliseraient donc respectivement 5,5% et 3,5% chez les non abstentionnistes de 2017 et 24% et 10% chez les abstentionnistes de 2017. 
Cela ne tient pas la route. D’autant plus que respectivement 6% et 3% des employés et des ouvriers auraient prévu de voter pour EELV et le PS alors que ce sont ceux qui se sont le plus abstenus au 1er tour de 2017 (selon un sondage IPSOS du 23 avril, 29% des employés et ouvriers se sont abstenus à l’époque, contre 21% des cadres).

Bref, une nouvelle fois un exercice décevant parce qu’il prend les gens pour des imbéciles, fausse la réflexion et montre encore un aspect lamentable des moyens de la domination du régime.

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