1 novembre 2017

Lettre à une députée de la République en Marche

Madame la députée,

Le 18 juin dernier, vous avez été élue pour représenter les citoyens de la 9ème circonscription de Haute-Garonne à l’Assemblée Nationale. Ce fut l’aboutissement d’une campagne courte dans le temps mais qui a tout de même permis de présenter au peuple français des projets de société différents.

En effet, bien que vous ayez refusé la plupart des débats qui vont ont été proposés, vous avez affirmé au cours de cette campagne un certain nombre de propositions politiques. C’est sur la base de vos engagements que les électeurs et les électrices de notre circonscription ont fait leur choix. A cette heure, vous les représentez donc toutes et tous à l’Assemblée Nationale.

Il est donc légitime d’interroger aujourd’hui la politique de la majorité à laquelle vous appartenez au regard de ces engagements et prises de position. Je me permets donc de m’adresser à vous avec l’espoir que vous pourrez éclairer ainsi l’ensemble de nos concitoyens.

Dans le seul débat que vous avez accepté et qui nous avait opposés sur France 3 Occitanie le 8 juin 2017, vous aviez notamment déclaré, je vous cite, vouloir « travailler très sérieusement sur l’accessibilité au logement pour les jeunes ». Depuis, votre gouvernement s’est engagé sur la voie d’une réduction des « Aides Personnalisés au Logement ». Or, si notre pays compte environ 2 500 000 étudiants, plus de 800 000 d’entre eux profitent aujourd’hui des APL. En cohérence avec votre prise de position publique, j’imaginais donc que vous alliez vous opposer au projet de loi de finances pour 2018. Vous comprendrez donc ma surprise de vous voir signataire d’une tribune défendant, je cite, un budget de « justice sociale ». Il n’est heureusement pas trop tard. Le vote sur l’article 52 qui contient cette disposition est prévu dans les prochains jours. Madame, pouvez-vous me confirmer que vous ne voterez pas en faveur de cette mesure ?

Dans ce même débat, vous indiquiez également que vous partagiez l’ambition d’Emmanuel Macron de faire, je cite, « de l’écologie sa grande priorité ». Dans une vidéo publiée le 31 mai sur votre page Facebook, vous défendiez les circuits courts. Le 13 juin, vous preniez position pour la « généralisation du bio dans les cantines scolaires ». Au vu de la gravité de l’urgence écologique, on ne peut que se réjouir de ces prises de position. Malheureusement, les premières mesures du président de la République et de sa majorité ne sont à la hauteur de cet enjeu. Ainsi, le 20 septembre dernier, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a présenté son projet pour l’agriculture biologique. En contradiction totale avec vos déclarations, il a notamment annoncé que l’Etat se désengageait des aides au maintien de l’agriculture biologique. Le lendemain, le traité de libre-échange avec le Canada (communément appelé CETA) rentrait en vigueur sans aucune concertation, alors que l’équipe de spécialistes missionnée par Emmanuel Macron venait de rendre un rapport critique sur cet accord commercial, notamment s’agissant du climat. Bien que ce traité soit donc déjà entré en application, vous allez être appelé à vous prononcer sur ce sujet à la fin de l’année 2018. Madame, au vu de vos engagements de campagne, pouvez-vous me confirmer que vous vous opposerez à la ratification de ce traité à l’Assemblée Nationale ?

Enfin, dans une vidéo publiée le 5 juin sur votre page Facebook, vous insistiez sur le rôle majeur des associations dans la réponse aux problématiques sociales et vous promettiez notamment des « initiatives pour redynamiser les associations afin qu’elles puissent de nouveau jouer leur rôle ». En décidant brutalement, au milieu de l’été, de réduire drastiquement le nombre de contrats aidés, votre majorité fragilise pourtant le tissu associatif puisque 8% des salariés dans les associations sont aujourd’hui en contrats aidés. Ces salariés sont présents dans des structures d’insertion professionnelle, sanitaires et sociale et dans des associations environnementales. Ils sont indispensables au bon fonctionnement de ces structures. La mesure défendue par votre majorité constitue le plus gros plan social de ces dernières années. Elle est injuste : un contrat aidé coûte autour de 10 000 euros par an aux finances publiques alors que les emplois crées par le pacte de responsabilité (CICE) se chiffrent à près de 350 000 euros. Si vous avez besoin de faire des économies, pourquoi ne pas plutôt reprendre l’argent dans ce dispositif inutile ?

Madame, vous avez été élue dans un climat de rupture complète avec un vieux monde politique qui écœure les citoyens : celui des arrangements, des promesses de campagne non tenues et des reniements. Vous aviez d’ailleurs à ce propos déclaré dans l’un de vos documents de campagne que vous ne feriez pas de « grandes promesses » que vous ne pourriez pas tenir. Mais il semble aujourd’hui que même les intentions parfois timides que vous avez exprimées pendant la campagne électorale sont écrasées par un pouvoir politique qui n’a rien à envier à ses prédécesseurs. Alors Madame, que comptez-vous faire pour rassurer les citoyens de votre circonscription qui s’en inquiètent ?

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