1 octobre 2019

Soutien aux personnels de la clinique Ambroise Paré

Ce midi, je suis allé soutenir les personnels en grève de la clinique Ambroise Pare à Toulouse. Ceux-ci ont déposé mardi 24 septembre dernier un préavis de grève à compter du vendredi 27 septembre pour dénoncer des conditions de travail toujours plus difficiles.

Désireux de faire valoir leurs revendications tout en garantissant une continuité de la prise en charge des patients, ils ont proposé la mise en place d’un service minimum. Mais celui-ci a été refusé par la direction qui a préféré faire appel au préfet qui a décidé ce vendredi d’une réquisition de quatre jours.

Il est important de rappeler que le droit de réquisition est rigoureusement encadré par le code des collectivités territoriales. Il précise qu’une réquisition peut être mise en place « en cas d’urgence, lorsque l’atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publiques l’exige et que les moyens dont dispose le préfet ne permettent plus de poursuivre les objectifs pour lesquels il détient des pouvoirs de police ».

Il ne peut pas s’agir dans le cas de la clinique Ambroise Paré d’une décision justifiée. D’abord parce que les salariés eux-mêmes ont proposé la mise en place d’un service minimum pour garantir une continuité de la prise en charge. Ensuite car un arrêté du Conseil d’Etat de décembre 2003 a frappé d’illégalité une réquisition dans une clinique privée au motif que « en prescrivant une telle mesure générale, sans envisager le redéploiement d’activités vers d’autres établissements de santé ou le fonctionnement réduit du service, et sans rechercher si les besoins essentiels de la population ne pouvaient être autrement satisfaits compte tenu des capacités sanitaires du département, le préfet a commis une erreur de droit », estimant que cette décision « portait une atteinte grave à la liberté fondamentale que constitue le droit de grève ».

En prenant une telle décision, la préfecture a, de facto, donné raison à une direction qui a choisi le rapport de force plutôt que le dialogue. Celle-ci avait en effet refuser de se mettre à la table des discussions avant que les salariés, sans autre choix, ne se décident à se mettre en grève. La réunion qui s’est tenu ce lundi 30 septembre semble malheureusement confirmer ce choix puisque la direction refusent toute prise en compte des revendications des salariés et misent manifestement sur leur épuisement.

La réquisition se termine ce lundi soir. Si le préfet devait la prolonger, cela comporterait un risque. Il encouragerait alors la direction à s’entêter dans une voie qui n’est pas raisonnable et qui ne peut conduire qu’au blocage.

C’est pourquoi j’ai adressé ce jour un courrier au Préfet pour lui demander d’y mettre un terme. Car celles et ceux qui s’occupent de nous, de nos familles, de nos ainés comme de nos enfants méritent mieux que le mépris et le bras de fer. Ils méritent de l’écoute, du dialogue et des conditions de travail dignes et compatibles avec l’importance de leur mission.

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