16 octobre 2019

Une séance raccourcie par un procès politique

…Après quelques semaines de repos salutaires cet été, je reprends le chemin du Parlement européen et les allers-retours en Bruxelles, où nous travaillons en commission, et Strasbourg où nous votons lors des séances plénières. 

Nous sommes le mardi 16 septembre et nous avons déjà trois votes qui nous sont soumis. Deux de ces votes concernent deux importantes nominations à des institutions de l’Union européenne : le premier porte sur la nomination de Mme Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne ; le deuxième sur la nomination de M. Yves Mersch au poste de vice-président du Conseil de surveillance de la BCE. 

En ce qui me concerne, je considère la nomination de Christine Lagarde au poste de présidente de la Banque centrale européenne comme une mauvaise nouvelle pour l’ensemble de l’Union. Certes, elle a eu lorsqu’elle était à la tête du FMI des positions plus « sociales » et critiquant l’austérité, mais depuis l’annonce de se nomination, elle n’a plus eu un mot sur les inégalités sociales et l’austérité, réaffirmant au contraire l’objectif absurde de stabilité des prix de la BCE. Elle ne fera que poursuivre la politique austéritaire de son prédécesseur, et pour cette raison je vote contre sa nomination. 

Le Conseil de surveillance de la BCE auquel candidate M. Mersch est l’organe chargé de contrôler la bonne santé des banques européennes. Cette nomination ne m’enchante guère puisque sa nomination en 2012 au directoire de la BCE s’était faite contre l’avis du Parlement (au nom du respect de la parité), et ça n’avait aucunement gêné M. Mersch. En outre, M. Mersh est luxembourgeois ; or le Luxembourg dispose déjà de deux superviseurs nationaux au sein du Conseil de surveillance prudentielle. Est-il normal de vouloir encore accroître l’influence d’un paradis fiscal avéré au sein d’une instance de contrôle ? Donne-t-on les clefs de la bergerie à trois loups ? C’est pour toutes ces raisons que j’ai voté contre la nomination de M. Mersch au poste de vice-président du Conseil de surveillance de la BCE.

Le troisième texte sur lequel nous devions voter est typique des sujets aux intitulés extrêmement techniques qui nous sont soumis au Parlement mais qui en réalité cache des enjeux politiques majeurs. Le texte portait le doux nom de rapport sur le lancement de l’échange automatisé de données relatives à l’immatriculation des véhicules en Irlande. Sous cette appellation se cache un développement extrêmement préoccupant ; ce projet vise officiellement à mieux lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière en automatisant le partage d’informations concernant les échanges de données personnelles (données génétiques, empreintes digitales, plaques d’immatriculation etc.). Cette décision vise à faire accéder à cette échange automatique des données avec les autres États. Pourtant ce mécanisme est d’une efficacité douteuse puisqu’il a été incapable d’arrêter les terroristes à la frontière belge en 2015… Pire, ce mécanisme instaure une surveillance automatisée et généralisée sans aucune contrepartie d’évaluation de ces instruments intrusifs, de leur nécessité et de leur proportionnalité. La lutte contre le terrorisme ne justifie pas l’abandon des droits fondamentaux, et notamment du droit à la protection de ses données personnelles contre les intrusions de la puissance publique. C’est pour cela que j’ai donc voté contre ce texte. 

Le procès politique qui nous était intenté à moi et cinq de mes camarades m’a empêché d’assister au reste de la séance plénière du Parlement et de prendre part aux votes. Toutefois, avec mes collaborateurs et mes ami·es de la délégation de la France insoumise, nous avons évidemment suivi de très près les dossiers qui nous étaient soumis. Je pense notamment à un texte portant sur l’« importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ».

Ce texte procédait à un amalgame historique scandaleux entre la barbarie nazie du IIIe Reich et l’Union soviétique. Cette assimilation est scandaleuse alors que tous les peuples d’Europe doivent énormément aux sacrifices des peuples et de l’armée soviétiques dans la lutte contre l’Allemagne nazie et furent essentiels dans la victoire des peuples libres. Par ailleurs, ce texte se livre à une apologie scandaleuse de l’OTAN et à un réquisitoire outrancier contre la Russie. Je ne peux que condamner un texte déformant l’histoire afin de discréditer la mémoire des résistances au fascisme et au nazisme et visant à accroître la marche à la guerre avec notre voisin russe. C’est pour cela que toute notre délégation de la France insoumise a voté contre ce texte !

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