2 octobre 2020

Stratégie industrielle européenne : la trahison de Macron

Aujourd’hui le Conseil européen s’est réuni pour parler de stratégie industrielle. Sans la voix de la France puisque Macron était occupé à vitupérer contre l’islam. Il s’en est remis, avec une confiance absolue, à l’Allemagne. Voyons ce que ça donne.

Le Conseil a décidé donc de parler de stratégie industrielle. Il faut donc rendre l’industrie européenne plus « résiliente » en raccourcissant les chaînes de valeur. Très bien pour l’intention. Comment le Conseil entend-iI s’y prendre ?

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D’abord, évidement, garder un cadre de libre-échange sous la tutelle de l’OMC. Parce que tout le monde sait que le libre-échange à outrance a permis jusqu’à présent de sauvegarder nos forces productives et les emplois industriels.

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Ensuite approfondir le marché unique européen, sa mise concurrence généralisée des industries européennes et de leurs travailleurs, son interdiction aux États de venir en aide à leurs industries stratégiques, avec son dumping social et fiscal etc.

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Remarquez que cette confirmation de foi aveugle envers le marché unique tombe bien. Je suis sûr que les 863 salariés de Bridgestone ont beaucoup à dire sur les vertus de la concurrence généralisée en Europe qui conduit à la fermeture de leur usine.

Rappelons que le marché unique a conduit à ce que la moitié des délocalisations en Europe se produisent au sein de l’UE, presque systématiquement de l’Ouest vers l’Est. Ce qui reste de l’industrie française sera ravie d’apprendre qu’il faut donc approfondir cette dynamique.

La stratégie industrielle version Conseil européenne ce n’est évidemment pas de la planification. Non. Ça passe par des «alliances industrielles». Quésaco ? Des partenariats publics privés. En gros, Le public apporte l’argent, le privé ramasse les profits, les lobbys à la barre.

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Dernier exemple en date l’Alliance européenne pour l’hydrogène propre dont le secrétariat est confié à Hydrogen Europe, principal lobby industriel de l’hydrogène fossile. Côté propreté on est au top du top. Bravo l’UE.

J’achève avec cette merveille de timing que de laisser l’Allemagne parler pour la France en matière de stratégie industrielle. Aujourd’hui même Ouest France sortait cet article sur la restructuration de Man energy. Qu’y apprend-on ?

On y apprend, de la bouche des représentants de la CFDT, antenne syndicale plutôt proche de la majorité, que « le Covid-19 est un prétexte pour organiser la désindustrialisation des sites français au profit des sites allemands ».

Les principales concurrentes industrielles de l’Allemagne en Europe sont l’Italie et la France. Tout le monde le sait, sauf Macron manifestement. La crise actuelle, et le plan de soutien massif de l’Allemagne à son industrie, risquent de balayer l’industrie française.

Alors je n’ai qu’une question à Emmanuel Macron : est-ce que parce que vous n’aimez pas l’industrie française que vous faites le choix d’en laisser la défense à sa principale concurrente pour entériner et approfondir le cadre qui a conduit à son démantèlement ? Remarquez, tout le monde en convient, en matière de démantèlement de l’industrie française vous avez une expertise que nul ne saurait vous contester.

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